Le lapin qui fait peur au loup - Ed Père Castor |
Ce texte raconte
l’histoire d’un animal, le lapin, dont la peur va permettre le
développement du récit et une
conclusion inattendue. Sa rencontre avec des animaux qui font un bruit différent , permet de situer le biotope, le milieu de vie
de ces animaux et leurs déplacements. Ce texte
semble accessible parce qu’une structure répétitive facilite la
compréhension du récit au départ. Mais les sentiments du lapin dirigent
l’action et le récit dans des directions qui ne sont pas prévisibles. Il y a
donc nécessité d’explications fournies sur
les deux phénomènes physiques qui vont déclencher la fuite du loup et
sur les propos tenus par le lapin. La peur ressentie par le lapin est située comme relevant de la norme chez les lapins ce qui en exclue le lecteur et banalise son intervention. Elle n’est pas un obstacle à l’appropriation du récit. |
Structure répétitive sur
trois phrases , reliée systématiquement à une
conséquence immédiate : la peur du lapin : Un écureuil laissait
échapper … et aussitôt le lapin se mettait à trembler. Une différence est exprimée par l’action réalisée par chaque animal auteur du bruit et la conséquence (peur ou fuite du lapin) est exprimée différemment . |
L’entrée dans le récit relève d’une généralisation
supposée connue et admise: Les lapins sont
peureux. Cette croyance peut être discutable et discutée… La conclusion se situe à plusieurs niveaux : - La conclusion du
récit : le loup est parti ; cela est
facile à comprendre… quand on a mis en lien les différents rebonds :
celui de la branche et celui du lapin. - La conclusion
par rapport au lapin qui n’ exprime pas le fond
de sa pensée. Cela n’est pas forcément facile à comprendre et demande à être
explicité et discuté : pourquoi n’a-t-il pas dit ce qu’il pense ?
faut-il dire ce qu’on pense ?… - La dernière phrase du texte : les lapins dansent, qui relève d’une banalisation du récit et cherche à situer sur un plan ordinaire ce qui était plus compliqué juste avant . |
Les évènements déclencheurs de départ sont précisés d’un animal à l’autre et le résultat de l’action de chacun est très explicite. Il met en lien les conséquences directes qui montrent la peur du lapin. L’événement principal qui situe la conclusion inattendue ( la fuite du loup) est construit sur la succession de deux évènements non prévisibles : la branche de l’arbrisseau qui se déplie, la chute du lapin sur la tête du loup. Ces deux évènements relèvent de phénomènes naturels mais qui mettent en œuvre des forces qui ne dépendent pas de la volonté du personnage principal. Cela demande donc à âtre explicité voire à être réalisé sous la forme d’expériences : catapulte, branche qui se relève rapidement, rebonds trajectoire et chutes . |
Temps : Imparfait de narration – présent pour les dilalogues Concordance des temps : passé-simple/ imparfait |
Point de vue : très explicite pour le lapin ;
puis pour la réponse apportée par les autres lapins Mais pas forcément facile à comprendre au niveau de sa réponse |
Modulateurs : importance accordée par des
adverbes : facilement, particulièrement Nombreux
adjectifs ou participes qui expriment le ressenti : assommé, assuré,
étourdi |
Prépositions : les prépositions de temps expriment
souvent un lien avec l’action |
Connecteurs : reliés clairement aux intentions ou
ressenti des animaux |
Le langage de l’enseignant : Vocabulaire : - Explicitation
sur la façon dont chacun des animaux se déplace en lien avec le bruit qu’il
produit et l’endroit où il vit . Mise en lien du
lieu ( les bois) avec le vocabulaire
particulier : brindille, buisson , tronc, clairière, souche, arbrisseau
( Eventuellement dessiner le lieu avec ces éléments particulier pour y placer
ensuite les animaux dans la chronologie du récit) Connecteurs, modulateurs : - Explicitation
du point de vue du lapin qui évolue sans être en lien avec la réalité
attendue - Explicitation
du rebond de la branche et de la chute du lapin ( expériences
à mener ) - Débats sur la
peur, la moquerie Sur la notion de la vérité qui est ou non dite ou pas et pourquoi ; sur ce qu’est le mensonge par rapport au point de vue ; sur la croyance : chacun ne pense pas toujours la même chose que l’autre |
Le lapin qui fait peur au loup - Ed Père Castor P 2 : Les
lapins prennent facilement peur , c’est bien connu ! Dans une famille de lapin,
l’un des lapereaux était particulièrement peureux. P 3 : Un
écureuil laissait échapper une noisette… et aussitôt le petit lapin se
mettait à trembler. P 5 : Un
pivert frappait de son bec le tronc d’un arbre… et
immédiatement le petit lapin filait se
cacher. P 6 : Une
biche mettait une patte sur une brindille… et déjà
le petit lapin détalait ventre à terre. P 7 : Ses
frères et sœurs se moquaient sans cesse de
lui. P 8 : Un beau jour, le petit lapin prit une résolution. « Ca suffit ! » se dit-il. Et il
se rendit dans la clairière où s’ébattaient
ses frères et sœurs avec leurs amis. P 9 : Il
grimpa sur une souche et tapa dans ses pattes. « Ecoutez
- moi tous, lança - t-il d’une voix
sonore. Désormais
je suis un petit lapin courageux. Je
n’ai plus peur ni
des écureuils, ni des biches, ni des
hérissons, ni des hiboux, ni même des … P 10 : Le
petit lapin s’apprêtait à
ajouter : « ni même des
loups », quand juste
à cet instant, entre les branches
d’un buisson, apparut la tête d’un loup. P 12 : Dans
sa course éperdue, le petit lapin culbuta
sur un arbrisseau , rebondit sur une branche souple qui se détendit et l’envoya haut dans
le ciel. P 14 : Il
retomba de tout son poids sur …. la tête
du loup, rebondit à nouveau , et atterrit cette fois dans
un épais buisson. P 16 : Le
loup, assommé, resta étendu dans l’herbe. Enfin
il parvint à rouvrir un œil. Il réalisait
mal ce qui lui était arrivé. « Cet endroit
n’est pas pour moi, se dit-il, en se tenant la tête. Il est trop
dangereux. Je
ferais mieux de m’en
aller. » Il se dressa avec peine sur
ses pattes et quitta la clairière d’un pas mal
assuré. P 18 : Le
petit lapin sortit, tout étourdi, de son
buisson. Lui non plus ne comprenait pas bien ce qui
s’était passé. P 20 : Quand les autres lapins réapparurent dans la
clairière, ils furent étonnés de trouver le petit lapin bien
vivant ,
et seul, sans
la moindre trace du loup. Tous se précipitèrent vers lui en criant :
« - C’est toi
qui as fait fuir le
loup ! - Plus jamais nous ne nous moquerons de toi ! – Tu es le
plus courageux de tous! » P 22 : Le
petit lapin faillit leur
répondre : « Bien sur que je
suis un lapin courageux ! » Mais il pensa qu’en vérité
il avait eu beaucoup de chance. Il préféra donc dire
simplement : »- Oh, vous savez, je n’y suis pas pour grand-chose ! » P 23 : Et tous dansèrent une folle farandole pour fêter le départ du loup. |
Evaluation possible : chaque enfant est pris à part dans un coin calme et doit raconter l’histoire, sans le livre. L’enseignant note alors ce qui est dit par l’enfant , à l’identique de ce qui est prononcé dans le cahier de prise de notes du langage. Il pourra alors analyser ce qu’il en est de la construction des phrases, de la cohérence du récit , de la qualité du discours ( pronoms, temps, connecteurs, modulateurs repris ou personnels). |
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Critères d’analyse |
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Restitution du
vocabulaire: les
personnages : les animaux , les lieux Chronologie : Le début de l’histoire Les rencontres du
lapin dans l’ordre – l’évènement déclencheur : rebond
, chute La fin : le
lapin a chassé le loup… La
conclusion :ce que dit le lapin, la vérité ? Articulations du
récit :importance de la peur du lapin – sa résolution Le hasard du
rebond et de la chute sur la tête du loup- la succession des deux qui fonde
la fuite du loup. Les liens énoncés à
partir de ce qui est ressenti et dit par le lapin Ce que pensent les autres lapins ensuite. |
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Capacité à
expliciter les liens, à généraliser : A donner des
détails, les éléments importants : A réutiliser le
vocabulaire : |
Connecteurs :
Modulateurs :
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Les temps :
Utilisation du
nombre Pronoms élidés,
Apposition du sujet |
Normatifs :
Point de vue
pris en compte : Dialogues
repris : |